Nous le savons, les séries TV sont à la mode ! Qu'elles soient médicales, policières ou fantastiques, elles rencontrent un vrai succès auprès du grand public. Impossible de passer à côté des sublimes Desperate Housewives ou des histoires de coeur de la belle Meredith Grey et de tous ses amis médecins.
Mais au-delà d'un simple succès, les séries font désormais partie intégrante de notre quotidien. Pourquoi ? Ces séries se veulent le reflet de ce qui nous entoure et de cette société qui évolue tant par ses moeurs que par ses codes. Homosexualité, drogue, viol, dépression, sexe, tout y passe sans tabou ni langue de bois, et souvent de manière très trash. D'ailleurs, plus c'est trash, plus ça marche ! Images crues, dialogues sans fioritures et personnages amoraux : voici les clés de ce succès grandissant. Zoom sur ces séries télé politiquement incorrectes.
Oz, South Park, Sex and the City... les séries qui ont ouvert la voie !
Nouvelle en son genre, Oz a été LA série coup de poing qui n'a pas fait dans la demi-mesure. En brisant les tabous du milieu carcéral, Oz a ouvert la voie à toutes les séries " trash " et s'est imposée avec un concept unique qui consiste à voir cohabiter des hommes meurtris dans un univers très hostile. Loin de la série Prison Break, la série est sans concession et le réalisme poussé jusqu'à l'insoutenable. Pendant six ans, de 1997 à 2003, la série s'est intéressée à des sujets de société sensibles, tels que le viol, les affrontements entre gangs, les meurtres, la drogue, la haine raciale, mais aussi l'homosexualité.
Toujours dans la catégorie des séries "chocs", le dessin animé South Park répond aux mêmes caractéristiques. Avec ses jeunes personnages déjantés (Kyle, Stan, Cartman et Kenny) et ses thèmes récurrents (politique, racisme, droits des homosexuels, censure, religion...), South Park se révèle souvent être une peinture critique et satirique de la société américaine et de la société en générale.
Surfant sur la vague des Simpsons, le dessin animé South Park a d'ailleurs dû faire face à de nombreuses controverses. Beaucoup accusent la série d'être provocatrice, et surtout très vulgaire. Mais c'est justement ce caractère provocateur qui lui a permis, parfois, d'augmenter ses scores d'audience. Par exemple, après les plaintes et l'appel au boycott de l'épisode Bloody Mary par des associations catholiques, ce dernier a attiré six fois plus de téléspectateurs américains que d'habitude, soit... 18 millions. South Park répond encore une fois à la devise : "Plus c'est trash, plus ça marche !".
Autre élément qui fait marcher une série : le sexe. Et Sex and the City en est l'exemple parfait ! Pour la première fois sur le petit écran les femmes parlent très crûment de leur vie sexuelle. Carrie (Sarah Jessica Parker ), Samantha (Kim Cattrall), Charlotte (Kristin Davis) et Miranda (Cynthia Nixon) sont des trentenaires modernes qui s'assument et qui jouissent pleinement des plaisirs de la vie. Elles osent tout se dire, et dans les moindres détails. Un franc-parler qui mènera les héroïnes jusqu'au grand écran, le deuxième volet du film Sex and the City est d'ailleurs actuellement en préparation. Notons que cette représentation de la sexualité à la télévision va d'ailleurs en inspirer plus d'un...
Sexe, drogue, violence... les clés du succès de ces séries chocs !
En 2003, lorsque Ryan Murphy lance sa nouvelle série Nip/Tuck, l'engouement est immédiat ! Il faut dire qu'avec ses chirurgiens plasticiens ultra sexy, les docteurs Troy (Julian McMahon) et MacNamara (Dylan Walsh), le pari était gagné d'avance ! Sexe à outrance, immoralités professionnelles, vie personnelle mouvementée, et interventions chirurgicales très réalistes, Nip/Tuck est la série de tous les excès. Mais si la série se veut si trash, c'est avant tout parce qu'elle dénonce un monde où tout n'est que superficialité. Ainsi la réflexion ne se fait pas dans la série mais chez le téléspectateur qui voit les images chocs.
Et que l'on soit révolté par les excès de Nip/tuck ou captivé par la vie des personnages, la série ne laisse personne indifférent. Une série osée à apprécier sur M6 !
Même son de cloche pour Californication (dont les images de la troisième saison sont déjà disponibles) ! David Duchovny y interprète le rôle de Hank Moody, un écrivain souffrant d'un trop de plein de sincérité, d'une addiction au sexe, à l'alcool et aux drogues. Sous couvert de l'histoire d'amour de Hank, la série diffusée sur M6 nous fait découvrir une vie en morceaux où tout n'est que débauche et excès.
Le personnage principal essaie constamment de "se ranger", mais y arrivera-t-il ? Rien n'est moins sûr ! Une série que les rumeurs qualifient d'autobiographique et qui serait donc calquée sur la vie de David Duchovny...
Et dans la série des vies en pagaille, il y a Weeds diffusée sur Canal+ Cinéma. Après le décès de son mari, Nancy Botwin (Mary-Louise Parker), une mère de famille vivant dans une petite banlieue tranquille, décide de vendre du cannabis (weeds en anglais).
Les ennuis commencent alors et la petite famille bascule vite dans la délinquance. Une série humoristique, satire d'une société trop uniforme, qui devient vite complètement amorale. Tous les membres de la famille, enfants y compris, deviennent dealers et laissent de côté leurs valeurs pour un monde fait d'arnaques et de drogues. Une famille où tout le monde cherche sa place, en même temps que la recette du bonheur.
Et pour subvenir aux besoins de sa famille, le héros de Breaking Bad, Walter White (Bryan Cranston) est également prêt à tout. Lorsqu'il apprend qu'il est atteint d'un cancer en phase terminale, ce professeur de chimie est effondré. Mais Walter n'a qu'une obsession, assurer le futur de sa femme enceinte et de son fils handicapé. Pour cela, il se lance dans une terrible entreprise : il "monte" un laboratoire de méthamphétamines. Mais avec la drogue vient tout un tas de problèmes et le professeur de chimie le comprendra bien assez tôt. Une série nerveusement éprouvante qui retrace le quotidien d'un père de famille qui n'a plus rien à perdre et pour qui la fin justifie les moyens. Une série qui arrivera très prochainement sur Arte.
Skins ou la vie torturée d'une bande d'adolescents britanniques. Ici, on suit les problèmes liés à l'adolescence : anorexie, sexualité, drogue, histoires d'amour... En plus de s'intéresser à cet univers compliqué, la série est une véritable critique du monde des adultes. Ces derniers apparaissent souvent comme les responsables des névroses de leurs enfants.
Mais pourtant la série ne se veut pas trash, les producteurs affirment qu'ils ne font que retranscrire le quotidien normal des jeunes, en l'amplifiant parfois pour les besoins du scénario. Quoi qu'il en soit, la série, que l'on peut voir en France sur Canal+ et Virgin 17, est un énorme succès et elle a déjà conquis les ados du monde entier. En effet, il s'agit de la série britannique la plus exportée.
Décomplexées, les nouvelles séries chocs sont sans tabou et n'ont pas froid aux yeux lorsqu'il s'agit de parler de sujets controversés
Et dans les séries qui sortent des sentiers battus il y a The L word. Véritable ovni au moment de sa sortie, elle a mis un certains temps à s'imposer car on y suit les aventures amoureuses et les difficultés rencontrées par un groupe d'amies lesbiennes et bisexuelles.
Aux casting, que du beau monde : Rachel Shelley, Laurel Holloman, Mia Kirshner, Katherine Moennig, Erin Daniels, Leisha Hailey, Eric Mabius, la jeune maman Sarah Shahi (qui joue également dans la série Life)... et bien d'autres encore. La série parle sans tabou des thèmes liés à l'homosexualité : les relations amoureuses compliquées, le regard des autres, la familles, l'homoparentalité...
Mais si The L word est une série trash, c'est surtout parce qu'elle montre de façon directe des scènes d'amour entre deux partenaires du même sexe : des séquences longues dans lesquelles les actrices sont nues et la caméra ne cache rien.
Plus qu'une série à caractère sociologique, The L Word est avant tout une comédie romantique 100% féminine où le thème de l'amitié, omniprésent, provoque de nombreux éclats de rires. A suivre (entre filles, ou pas) sur la chaîne câblée Téva.
Un homme et... une femme, deux femmes, trois femmes ! Plongez dans le quotidien mouvementé d'une famille polygame.
Loin d'émettre un quelconque jugement de valeur sur un mode de vie souvent illégal, la série Big Love nous montre les différents aspects d'une famille pas comme les autres.
En effet, Bill, père de famille très occupé, est marié à trois femmes totalement différentes. Tous vivent dans une petite ville de l'Utah, dans le respect de leur religion. Mais lorsque l'on a trois femmes, qui ont chacune plusieurs enfants, la situation devient très vite compliquée !
Plus que le côté technique de cette famille très nombreuse, la série parle des thèmes essentiels qui existent dans chaque famille : l'amour, le partage, la cohabitation, l'individualité, la religion...
Portée par ses deux producteurs de renom, Tom Hanks et Gary Goetzman, la série bénéficie d'un casting qui a emprunté un grand nombre de ses acteurs au cinéma, comme la charismatique Chloë Sevigny, Bill Paxton, Jeanne Tripplehorn, Harry Dean Stanton, Ginnifer Goodwin...
Outre-Atlantique, Big Love est un énorme succès - pas si étonnant pour un pays dans lequel à peu près 20 000 personnes sont concernées par ce mode de vie hors du commun.
Six Pieds sous Terre (Six Feet Under en anglais) ou comment déterrer en une seule série tous les sujets tabous. Ici, dans une atmosphère lourde, on assiste à chaque épisode à - au moins - un décès. C'est là qu'entrent en jeu les personnages principaux : une famille de croque-morts propriétaire d'une entreprise de pompes funèbres.
Outre la thématique de la mort qui est constamment rappelée, les personnages lèvent aussi le voile sur des sujets comme l'homosexualité, l'alcoolisme, l'addiction à la drogue... Une série qui, de façon très intelligente, ose parler de la mort et qui parvient à la dédramatiser.
Six pieds sous terre a rencontré un immense succès auprès de la critique et un accueil plus modéré du public.
En effet, en 2005 après 5 saisons, la série s'arrête. Mais ses intrigues, son histoire poignante et ses personnages singuliers laisseront derrière elle toute une communauté de fans. Heureusement pour eux, on les avait préparés pendant 5 ans à une disparition soudaine !
Nouveaux héros émergeant de ces séries chocs : les méchants !
Et ce n'est pas Dexter (dont la saison 4 débutera bientôt), le tueur en série le plus apprécié des téléspectateurs, qui dira le contraire. La série, qui bénéficie d'une très bonne trame et d'acteurs de qualité, comme Michael C. Hall (Dexter Morgan), Jennifer Carpenter, Lauren Velez et Julie Benz, a su trouver son public. Un pari qui n'était pas évident, car, ici, on pénètre dans l'esprit malsain d'un psychopathe qui n'éprouve du plaisir qu'en tuant. Mais n'ayez pas de crainte, à Hollywood tout se termine toujours bien. Et si Dexter tue ce n'est que pour punir. En effet, le tueur en série ne s'attaque qu'a des personnes ayant déjà commis des crimes. Et c'est certainement là que réside tout son potentiel de sympathie. Dexter est une sorte de super héros trash qui, finalement, ne fait que protéger ses concitoyens. Enfin, il aurait aussi pu entrer dans la police...
A la manière de Dexter, Dr House est le personnage singulier de TF1. Le public est amené à connaître et à apprécier un médecin aigri qui n'aime et ne fait confiance à personne. Il n'est en aucun cas intéressé par la vie personnelle de ses patients ou par leur sentiments et il ne s'apitoie jamais sur leur sort. Mais Dr House, alias Hugh Laurie, est avant tout un brillant médecin, le seul capable d'intervenir lorsque la science n'a plus aucun remède. Avec son équipe, il résout les cas médicaux les plus mystérieux.
Et le cynique docteur ne fait pas du bien qu'à ses patients... Diffusée sur TF1, la série rassemble de plus en plus de téléspectateurs ! Pourtant Greg House n'a rien pour plaire : un humour cynique, un handicap physique, une méchanceté sans limite... Mais il fait partie d'une nouvelles catégorie de stars : les méchants. Ils plaisent parce qu'ils sont odieux, mais surtout parce qu'ils sont extrêmement intelligents. Dr House est entier et ne connaît pas le politiquement correct. Plus choc dans ses mots que dans ses actes, sa pensée dérange en même temps qu'elle plaît. C'est donc un personnage plein de contradictions, à la fois médecin et malade, méchant et drôle mais surtout avec ses défauts et ses qualités. Et ce côté résolument humain créé sa singularité et plaît au public.Depuis les précurseurs comme Oz, Sex and the City ou encore South Park, les séries télévisées américaines sortent des sentiers battus. On est maintenant loin de la Petite Maison dans la Prairie et le téléspectateur peut désormais regarder des séries qui lui ressemblent. Les réalisateurs et producteurs tendent vers des histoires calquées sur la réalité, avec des personnages ambigüs et donc résolument humains. Un pari risqué mais qui, finalement, a permis à la télévision d'évoluer en même temps que son public. De plus, le succès de ces nouvelles séries a permis d'attirer, en même temps que des téléspectateurs, des acteurs et des réalisateurs de talent. Les séries télévisées représentent à la fois une réelle industrie parallèle au cinéma, et un moyen de fidéliser le téléspectateur avec un divertissement de qualité. Peut-être est-ce là l'avenir du petit écran...
Delphine MATAR et Ludivine LOPEZ
en même temps c'est de l'actualité non?
montage fait par
Moi